(suite et fin du compte-rendu d'une
intervention faite par Sr Catherine de la Trinité, responsable de la maison de Murinais, le 2 octobre dernier, aux 1200 prêtres rassemblés à Ars pour une retraite sacerdotale
internationale.)
Cet été, j’ai tenté de faire des statistiques et je me suis rendue compte qu’on prie avec plus de la moitié des jeunes qu’on rencontre ! ça se
passe tout simplement : en fonction de la discussion qui précède, on les invite à demander à Dieu telle chose, ou bien à se laisser rencontrer par Dieu, ou encore on leur propose de les
bénir (en leur expliquant ce que ça veut dire, parce qu’ils ne le savent pas).
Au début, je croyais que parler de Jésus à des jeunes dans la rue était quelque chose de compliqué et de difficile, alors que c’est simple, il suffit d’être là, de s’intéresser à eux, de les aimer jusqu’à leur proposer d’ouvrir leur cœur à l’amour de Dieu.
Un mot sur la réponse des jeunes :
Cet été, un jeune de banlieue nous a dit : « c’est trop cool de pouvoir parler avec vous… parce qu’on croise souvent les « bonnes sœurs » au supermarché ou dans la rue mais elles ne viennent pas parler avec nous. On leur a répondu que les « bonnes sœurs » sont peut être un peu intimidées par leur look, et ils ont répondu : « il ne faut pas ma sœur ! et en plus on a plein de questions à vous poser » ils sont vraiment contents quand on prend le temps d’être avec eux.
Je pense à ce jeune rencontré dans une boite de nuit : au bout de la conversation, il nous dit : « moi je ne vais jamais à l’église, mais là, c’est l’Eglise qui vient à moi ! »
On a souvent peur d’être rejetés, mais en fait, c’est très rare qu’on le soit par les jeunes. Quelquefois ils nous testent, pour voir si on croit vraiment à ce qu’on dit, et si on vit ce qu’on annonce… évangéliser fait souvent du bien à l’évangélisateur.
Et même si la conversation nous semble avoir été pénible, on essaie de ne pas se décourager, car on ne sait pas ce qui se passe dans leur cœur, ni comment la Parole va les travailler dans le temps. Il y a une vingtaine d’années, 2 de nos évangélisateurs de rue ont contacté un jeune homme, vêtu de noir, qui était avec sa guitare et sa copine ; il jouait dans un groupe de hard-rock. Il a écouté vaguement ce que lui disaient les 2 évangélisateurs et le soir, il est venu traîner du côté de la veillée… sans sa guitare, et sans sa copine… on n’a su que 15 ans plus tard que ce fut le début de sa relation à Dieu… aujourd’hui il est prêtre. J’ai plusieurs histoires de ce genre… Dieu a besoin d’instruments pour appeler à sa suite, pour appeler des vocations sacerdotales.
Alors je termine par la question du Seigneur : « qui enverrai-je ? »Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander






